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01 mars 2012

DEB | Dit-il | Duras | Philippe Vilain

C'est un de ces livres que j'ai envie d'avoir en mains tout de suite. Je l'ai commandé...

duras vilain.jpgDit-il

d'après L'été 80 de Marguerite Duras

Philippe Vilain


Mille neuf cent quatre-vingt-onze : Elle a 78 ans, lui, 21. Les deux avaient connu l’été 80. Pour elle, c’était la période de la rechute dans l’alcoolisme, juste avant de faire, en septembre, la connaissance de Yann Andrea. Lui, il avait 10 ans, l’âge du garçon qui s’allonge dans le sable près de la monitrice anglaise, pour lui raconter des histoires. Ses histoires. En 1991, le 2 janvier, ELLE est une vieille femme couverte d’ecchymoses ; elle fait tout trop vite, on le sait. LUI est un bien jeune homme et a réveillonné à Paris. Ce jour-là, il pleut sur le boulevard Saint-Germain. L’étudiant aperçoit cette petite dame frêle pendue au bras d’un homme sécurisant. Il l’aborde, timidement, et elle, Marguerite Duras, dédicace le livre qu’il lui tend, un livre de Platon. Le temps n’a plus d’emprise sur ce qui se passe, sur ce qui s’est passé, sur ce qui va, encore, se passer. Cinq ans et un jour après cette rencontre de la rue Saint Benoît, Marguerite Donnadieu alias Marguerite Duras meurt. Vingt ans plus tard, le jeune homme de jadis est devenu à son tour auteur de plusieurs romans, d’essais. Vingt ans plus tard, il nous rappelle ce moment éblouissant, malgré le gris du ciel, et il le fait par deux fois. D’abord dans un essai sorti en 2010, Dans le séjour des corps, puis, entre 2010 et 2011, durant un an, à travers une sorte de roman-journal mémoratif, mémoriel, dans cet ouvrage-même que vous tenez en ce moment entre vos deux mains. Cette vieillesse du corps qui, chez Marguerite Duras, correspondait inévitablement à une ankylose épouvantable de l’âme et du corps n’avait pas frappé Philippe Vilain, le 2 janvier 1991. Au contraire. C’étaient la jeunesse de sa silhouette, sa fragilité, la vivacité de ses yeux, de ses gestes. Marguerite Duras, pour lui, restera toujours liée à l’image, fantasmée, de cette monitrice de L’Été 80. Depuis, « l’amour sera romanesque ou ne sera pas », écrit-il. La confusion initiale – et jamais guérie – entre le réel et le romanesque débuta à ce moment-là et amena même l’auteur à se rendre, comme l’aurait fait le petit garçon de L’Été 80, au rendez-vous donné par la monitrice. Suivant ses calculs, ce serait le 12 juillet 1992. Que se passa-t-il ce jour-là ? Que se passe-t-il, quand un lecteur, devenu écrivain, s’identifie et vit le roman ? Qui écrit ? Qui est écrit ? Dans la maison de la vie, les histoires se défont. Philippe Vilain nous en raconte plusieurs, ici, de ces histoires, les siennes, les leurs. Les lieux, les non-lieux. De l’écriture.

 

Dit-il

d'après L'été 80 de Marguerite Duras

Philippe Vilain

 

Publié aux Nouvelles éditions Cécile Defaut

Format : 13 x 19 cm

96 pages

ISBN : 978-2-35018-303-9

Prix de vente public : 12 €

Prix : 13,20 € TTC

 

(port et emballage compris)

Cliquer pour aller sur le site de l'éditrice et éventuellement commander le livre

21 janvier 2012

DEB | Une année studieuse | Anne Wiazemsky

C'est un livre rose publié dans la collection blanche. Oui, chez Gallimard. « J'ouvris, tremblante, la porte de notre chambre et me jetai sur le lit en pleurant convulsivement de peur, de douleur, d'émotion, je ne savais plus. » La narratrice, en effet, vient de se heurter à un photographe de « haute taille bardé d'appareils photos. » « Mais Jean-Luc tout de suite fut là. Il me serrait dans ses bras, m'embrassait, me suppliait de me calmer. "Heureusement que cette ordure s'est échappée, j'aurais pu le tuer !" répétait-il entre deux mots d'amour. »

C'est le treizième livre de cet auteure-là. Preuve qu'on ne devient pas forgeron en forgeant. Qu'on ne devient pas écrivain en écrivant.
J'ai parcouru un peu la presse sur le livre de Anne Wiazemsky, « Une année studieuse », et me voici renforcé dans ma conviction que si Anne Wiazemsky, dans ce livre, est à peu près au degré zéro de l'écriture les « critiques » de leur côté en sont au dégré zéro de la lecture. C'est donc un monde de non-écrivains commenté par des non-lecteurs.

Vous allez voir, je vais la faire mauvaise : d'accord, Antoine Gallimard est un ami d'adolescence de Anne Wiazemsky ; d'accord elle a joué chez Bresson ; a été l'épouse de Jean-Luc Godard ; l'élève en philosophie de « Henri Jeanson » (« Anne réussit son oral du bac - grâce aux cours particuliers d'Henri Jeanson ! », écrit en effet Marianne Payot dans L'Express) ; d'accord elle est la petite-fille de François Mauriac...

Certes, mais à l'arrivée cela ne devrait-il donner un livre, vous voyez, un vrai livre ?
Un livre où Jean-Luc Godard ne serait pas que ce pauvre guignol surexcité, prêt à casser la gueule à tout le monde ; un livre où Cohn-Bendit ne serait pas que ce ridicule rouquin en rut ; où Francis et Christiane Jeanson ne seraient pas que sympathiques ; (« Nous débattions avec délice de la phénoménologie si chère à son cœur et au mien, » [Je crois rêver en lisant cela : on dirait deux vieilles pies en train de se bâfrer de gateaux à la crème] ; un livre où Saint-Germain ne serait pas qu'un endroit où « il y a des cinémas et des cafés »...
Bah, j'arrête, je me fais du mal, là.
À quoi bon vouloir dénoncer la bêtise ? On risque de devenir aussi bête que ce que l'on entend dénoncer...
« L'hiver s'annonçait précoce. Il pleuvait beaucoup et la température baissait de jour en jour. »
Magnifique, non ?

C'est ça ma colère : toutes ces puérilités de petite bourgeoise un peu bécasse infligées à la littérature. Colère devant cette non-écriture avec ces dialogues qui trouveraient parfaitement leur place dans « Plus belle la vie » ou ces téléfilms produits à la chaîne ; colère de voir tant de platitudes imprimées sous couverture Gallimard ; colère de voir réduits, aplatis, laminés :

Godard (« sans lunettes, il montrait quelque chose de caché, quelque chose de très intime » [Ah oui, quoi donc!) ;

Jeanson (quoique, c'est quand même lui le moins nigaud sous la truelle d'Anne Wiazemsky : « Il dégageait une énergie lumineuse puissante, un désir de comprendre et d'être compris. Il choisissait ses mots avec soin, me poussait à préciser les miens ») ;

Jeanne Moreau (« De la bouche de Jeanne Moreau jaillissaient des perles et des pierres précieuses ») ;

Maurice Béjart (« radieux sourire ») (« C'est l'émotion, je suis si heureux d'être avec vous, cher jean-Luc ! Je peux vous appeler Jean-Luc et Anne ? ») ;

Jean Vilar (« qui incarnait pour moi toute la noblesse du théâtre. »).

Et le grand-père, le vieux Mauriac, bien pathétique, bien misérable dans sa haine d'une jeune chienne coker appelée Nadja : « Tu nous rends la vie impossible en ne nous écoutant jamais ou en faisant le contraire de ce qu'on te demande ! J'ai quatre-vingts ans, je pourrais être mort, mais hélas pour toi, je ne le suis pas et cela me donne le droit de t'exprimer ce que je pense. Maintenant disparais et débrouille-toi pour que je ne croise jamais cette chienne ! »

Ah mais !

On aura connu François Mauriac plus inspiré, non ?
Et moi aussi, je crois.

Bref, je voulais me débarrasser de mon agacement après avoir lu Une année studieuse, Anne Wiazemsky. Gallimard (ben oui). 18 euros, 260 pages

01 août 2009

Céline et les chiennes de traineau


Céline d'un château l'autre
envoyé par Ali_La_Pointe

 

17 avril 2007

Vous avez dit grandes surfaces ?

medium_DISTRIBU.2.JPGGRANDE DISTRIBUTION : MARGES ARRIÈRE & RÉFÉRENCEMENT

 

DEB : Pourquoi dites-vous Thomas Lugos que le commerce traditionnel n'existe plus dans les grandes surfaces ?

 

 



Un autre système s’est considérablement développé, c’est celui des « marges arrière ». Voilà quelque chose que le consommateur ne sait pas ou peu. Le commerce traditionnel, sous la forme que l’on a apprise dans nos écoles a complètement disparu, à savoir que vous achetiez un produit à tel prix, puis vous introduisiez votre marge pour réaliser un bénéfice. Tout cela est terminé. Il faut savoir que la grande distribution si elle achète un produit à 15 euros le vendra 15 euros. Où va-t-elle gagner de l’argent? Elle gagnera sur ces marges arrière et elle gagnera aussi sur les délais de paiement. Mais les gains les plus importants pour la G.D. découlent de ce système de marges arrière.


 

Expliquez-nous ce que sont ces « marges arrière ».

 

Ce sont les remises que le fournisseur consent et qu’il reverse après la vente, d’où le mot « arrière ». C’est-à-dire : moi, fournisseur, je vais vendre un article à un prix net de 15 euros à la grande distribution. Commence une facturation en cascade. La G.D. va me facturer, à moi fournisseur, 10% au niveau national pour avoir le droit de commercialiser dans leurs enseignes, puis 10% au niveau régional pour distribuer cette marchandise au niveau des grandes surfaces d'une région. Enfin, vous l’imaginez bien, le magasin en bout de chaîne exigera son droit aussi. S’ajoutent à cela des accords pour obtenir: un bon emplacement en linéaire, un balisage en rayon, une photo sur un prospectus, une tête de gondole. On règle à l’entrée, à chaque étape de la vie du produit, et à la sortie. Ainsi, sur un certain chiffre d’affaire, le fournisseur doit reverser soit au trimestre, soit au semestre, soit à l’année des marges arrière c’est-à-dire que l’on rembourse une bonne partie de l’argent encaissé. Ce système est pervers et sans fin.

Les marges arrière s’échelonnent sur cinq à six niveaux: au final cela coûte au moins 30% au fournisseur. Selon les produits et les gammes de produits, les marges arrière cumulées peuvent aller bien au-delà.

 

Pour finir, en peu de mots, dites-nous ce qu'est le référencement.

 

Le référencement, c’est-à-dire l’entrée d’un nouveau produit dans une grande surface, ne l’oublions pas, a fait lui aussi l’objet au préalable d’une facture conséquente qui, elle, a été payée d’avance. De la sorte, pour qu’un produit accède aux rayons de telle ou telle enseigne, il faut payer — par anticipation — sur la base d’un chiffre d’affaire estimé. Le fournisseur qui accepte ces conditions, devra patienter plusieurs mois avant que ton produit soit enfin en rayon. Le temps de créer son code, d’en organiser sa commande et sa livraison vers les centrales puis vers les magasins…

 

(Extrait de « Grande Distribution, vérités et mensonges, de Thomas Lugos éditions LE BORD DE L'EAU www.editionsbdl.com)

 
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