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30 janvier 2012

DEB | Boris Cyrulnik & Antoine Spire | TB 46 | 3

Rencontre Antoine Spire et Boris Cyrulnik lors du colloque "Faire de sa vie une histoire" organisé par Gérard Ostermann à Bordeaux le 10 mai 2011.

Réalisation Dominique-Emmanuel Blanchard

26 janvier 2012

Question de l'A. | La voix d'Hervé | Deb-vidéo


DEB | La voix d'Hervé par Deb

23:36 Publié dans Cinéma & vidéo | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : apf |  Facebook

22 janvier 2012

DEB | Abbé Pierre, 5 ans déjà...


Abbé Pierre, 5 ans déjà... par DEB

21 janvier 2012

DEB | Une année studieuse | Anne Wiazemsky

C'est un livre rose publié dans la collection blanche. Oui, chez Gallimard. « J'ouvris, tremblante, la porte de notre chambre et me jetai sur le lit en pleurant convulsivement de peur, de douleur, d'émotion, je ne savais plus. » La narratrice, en effet, vient de se heurter à un photographe de « haute taille bardé d'appareils photos. » « Mais Jean-Luc tout de suite fut là. Il me serrait dans ses bras, m'embrassait, me suppliait de me calmer. "Heureusement que cette ordure s'est échappée, j'aurais pu le tuer !" répétait-il entre deux mots d'amour. »

C'est le treizième livre de cet auteure-là. Preuve qu'on ne devient pas forgeron en forgeant. Qu'on ne devient pas écrivain en écrivant.
J'ai parcouru un peu la presse sur le livre de Anne Wiazemsky, « Une année studieuse », et me voici renforcé dans ma conviction que si Anne Wiazemsky, dans ce livre, est à peu près au degré zéro de l'écriture les « critiques » de leur côté en sont au dégré zéro de la lecture. C'est donc un monde de non-écrivains commenté par des non-lecteurs.

Vous allez voir, je vais la faire mauvaise : d'accord, Antoine Gallimard est un ami d'adolescence de Anne Wiazemsky ; d'accord elle a joué chez Bresson ; a été l'épouse de Jean-Luc Godard ; l'élève en philosophie de « Henri Jeanson » (« Anne réussit son oral du bac - grâce aux cours particuliers d'Henri Jeanson ! », écrit en effet Marianne Payot dans L'Express) ; d'accord elle est la petite-fille de François Mauriac...

Certes, mais à l'arrivée cela ne devrait-il donner un livre, vous voyez, un vrai livre ?
Un livre où Jean-Luc Godard ne serait pas que ce pauvre guignol surexcité, prêt à casser la gueule à tout le monde ; un livre où Cohn-Bendit ne serait pas que ce ridicule rouquin en rut ; où Francis et Christiane Jeanson ne seraient pas que sympathiques ; (« Nous débattions avec délice de la phénoménologie si chère à son cœur et au mien, » [Je crois rêver en lisant cela : on dirait deux vieilles pies en train de se bâfrer de gateaux à la crème] ; un livre où Saint-Germain ne serait pas qu'un endroit où « il y a des cinémas et des cafés »...
Bah, j'arrête, je me fais du mal, là.
À quoi bon vouloir dénoncer la bêtise ? On risque de devenir aussi bête que ce que l'on entend dénoncer...
« L'hiver s'annonçait précoce. Il pleuvait beaucoup et la température baissait de jour en jour. »
Magnifique, non ?

C'est ça ma colère : toutes ces puérilités de petite bourgeoise un peu bécasse infligées à la littérature. Colère devant cette non-écriture avec ces dialogues qui trouveraient parfaitement leur place dans « Plus belle la vie » ou ces téléfilms produits à la chaîne ; colère de voir tant de platitudes imprimées sous couverture Gallimard ; colère de voir réduits, aplatis, laminés :

Godard (« sans lunettes, il montrait quelque chose de caché, quelque chose de très intime » [Ah oui, quoi donc!) ;

Jeanson (quoique, c'est quand même lui le moins nigaud sous la truelle d'Anne Wiazemsky : « Il dégageait une énergie lumineuse puissante, un désir de comprendre et d'être compris. Il choisissait ses mots avec soin, me poussait à préciser les miens ») ;

Jeanne Moreau (« De la bouche de Jeanne Moreau jaillissaient des perles et des pierres précieuses ») ;

Maurice Béjart (« radieux sourire ») (« C'est l'émotion, je suis si heureux d'être avec vous, cher jean-Luc ! Je peux vous appeler Jean-Luc et Anne ? ») ;

Jean Vilar (« qui incarnait pour moi toute la noblesse du théâtre. »).

Et le grand-père, le vieux Mauriac, bien pathétique, bien misérable dans sa haine d'une jeune chienne coker appelée Nadja : « Tu nous rends la vie impossible en ne nous écoutant jamais ou en faisant le contraire de ce qu'on te demande ! J'ai quatre-vingts ans, je pourrais être mort, mais hélas pour toi, je ne le suis pas et cela me donne le droit de t'exprimer ce que je pense. Maintenant disparais et débrouille-toi pour que je ne croise jamais cette chienne ! »

Ah mais !

On aura connu François Mauriac plus inspiré, non ?
Et moi aussi, je crois.

Bref, je voulais me débarrasser de mon agacement après avoir lu Une année studieuse, Anne Wiazemsky. Gallimard (ben oui). 18 euros, 260 pages

20 janvier 2012

DEB | La mémoire de la mer


La mémoire de la mer | par DEB

DEB | Fils de ...

Tous les ans, le salon du livre de Paris, c’est Porte de Versailles, huit jours après le salon de l’agriculture. Et pas la plus petite trace. Pas une boulette de bouse de vache, pas une odeur qui s’attarde, rien. Nickel. Cette année-là, c’était triste à pleurer ce salon du livre. Aseptisé. Un grand désert. Pas le moindre relent d’âme. Mais des errances. Même plus d’annonces micro. Dans l’air juste un chuintement de voix, une rumeur ténue de foule. Malgré tout quarante mètres de file d’attente pour Amélie Nothomb et Éric-Emmanuel Schmitt. Je ne sais plus en quelle année c’était. Mais c’était son vingt-cinquième anniversaire et enterrement de première classe.

L’avant-dernier soir on nous a invités, nous de l’édition. Rendez-vous à la datcha (c’était la Russie, le pays invité). Soirée VIP, paraît-il. Au fond du hangar. Champagne à gogo. Champagne et musique techno. Bizarre. J’ai vu POL le faire : danser sur de la techno, POL him-self. Pas vu Raphaël Sorin danser, non. Sono pourrie, saturée. Les Inrocks aux commandes. La techno, c’est simple, il n’y a pas de musique. Tu peux faire n’importe quoi là-dessus. La musique démocratique par excellence. Et on ne voit personne, que des silhouettes, des fragments fugitifs d’êtres humains.

Puis il y a eu la fêlure spatio-temporelle. La grande gifle du réel. Que je vous dise : c’était là, par terre. Juste à mes pieds. Une sorte de livre, peut-être une couverture d’un numéro : L’IDIOT INTERNATIONAL.

Je suis tombé en arrêt. J’en aurais pleuré. Je me suis retrouvé dans un ascenseur qui aurait pété les câbles au 55e étage. Jean-Edern ! Il a été là. Tout à coup, dans cet invraisemblable vacarme, il a été là. J’ai pensé à sa main sur mon épaule la veille de son départ pour Lourdes. J’ai pensé à ce moment où je l’ai conduit, dans la foule. Il répétait que le lendemain il irait à Lourdes, que s’il recouvrait la vue, il se tairait.

Un jeune s’est approché de moi tellement je devais être pitoyable à voir avec l’Idiot à mes pieds, par terre. C’est d’autant plus bizarre cet instant de stupeur que je n’ai jamais acheté L’Idiot International. En ai-je seulement lu un numéro ? Moi, c’est Hallier que j’aimais. Je vous jure, je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne sais pas pourquoi j’ai eu si mal dans tout ce bordel sonore, ces éclairs stroboscopiques, ces ombres d’un dixième de seconde impossibles à identifier. Et je n’avais pas picolé plus que ça. Le jeune m’a hurlé dans l’oreille en me désignant un autre jeune : « C’est son fils. » Et à mon tour j’ai hurlé dans l’oreille du fils : « Ton père, ton père… Je l’aimais. » C’est tout. Et comme je restais comme ça, statufié, incapable de me sortir de cette putain d’émotion, le fils s’est approché : « Arrête, ARRÊTE. » Je vous jure, j’entends encore ce jeune homme (dont j’ignorais jusqu’au prénom) me hurler ça en riant Arrête. C’était me dire : « Ne te fais pas de mal, mon père n’aimerait pas ça. » Puis, il a ajouté, Frédéric : « J’ai 22 ans et j’en ai rien à foutre. » J’ai traduit par : « Il est mort, mais moi je suis vivant. » Et il s’est mis à danser comme un fou. Oui. Il était vivant, lui. Il pouvait dire qu’il n’en avait rien à foutre le petit, il y avait ça, par terre, cette sorte de livre, avec pour titre « L’Idiot international. » Il dansait le petit et il m’a fait un grand geste du bras que j’ai décodé comme ça : « Le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux morts, c’est de vivre. » Je suis sûr que c’est ce qu’il a voulu me dire. Et j’ai eu honte, sur l’instant, d’avoir figé le temps, d’avoir figé la vie. J’ai dû boire une ou deux flûtes et je me suis glissé dans cette foule qui gesticulait. J’ai gesticulé à mon tour. Je me suis dit que ça pouvait durer l’éternité.

Je suis revenu à pied à mon hôtel. Mais, pour la première fois de ma vie, je ne parvenais pas à marcher droit.

Je me suis dit que j’avais bien vieilli ces derniers temps.

DEB | Rives d'éternité

Chez moi, elle tombe sur Guitry. C'est un peu déchoir, pour elle. Ni la Blanche ni POL ni Minuit. N'empêche, je n'en démords pas : Guitry m'accompagne, comme Proust et Montaigne. Je suis un petit-bourgeois, que voulez-vous ; au moins, je sais cela. J'ai fermé l'œil du barbare. Même Barrès, je l'ai lu, et Renan, et me voilà, devant vous, sans sceptre mais bien septique, une fosse, en somme, d'abondance(s).

Plus question que je renonce, à moins, qu'enfin, j'aborde aux rives d'éternité.

 
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