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28 janvier 2008

Clivages

Un des candidats à la mairie de Latresne (dont je suis un des plus illustres habitants — dois-je préciser une fois encore que je plaisante ?) me laisse un commentaire sur un des mes blogs (plutôt confidentiel) où j’ai raconté mes difficultés d’il y a déjà quelque temps à m’y retrouver devant tant d’ « ouverture » politique dans ma commune de 3.300 âmes.
Cet homme m'écrit :
 
Je compatis à vos difficultés qui ne sauraient justifier un simplisme qui ne vous ressemble pas. Certes votre propos est fort modéré, mais cataloguer et assimiler les deux listes en présence de simples listes de droite est un peu court et manque de contenu. La liste que je conduis est diverse au plan des sensibilités politiques et mes colistiers veulent dépasser ces clivages. Vous ne m'en voudrez pas, j'en suis sûr, d'avoir défendu ce qui constitue notre richesse.
Ecrit par : hoguet jean-luc | 28 janvier 2008
 
Cet homme je l’ai aperçu à plusieurs reprises, nous avons discuté une fois ensemble. Il ne manque pas d’allure, et il me paraît tout à fait charmant. Il est à l’UMP, ce qui est son droit, mais ce qui me défrise c’est en somme la condescendance de ce parti au pouvoir à vouloir, n’est-ce pas, « dépasser » les clivages.
Dire qu’une liste de droite est de droite, est simpliste, certes.
Mais c’est quand même la vérité, non ?
Moi, j’ai choisi, c’est bel et bien sur une liste de gauche que je vais. J’aime bien que ce soit clair quand c’est possible.

27 janvier 2008

Qui cause pose

J’entends qu’un flic s’est déguisé en femme pour être dame de compagnie auprès d’un octogénaire. Comme ce n’était pas Dustin Hoffman il est en taule. | Pas de miracle à Melbourne. C’est toujours comme ça : à chaque fois que je regarde du tennis les Français perdent. Faut dire qu’ils ne gagnent pas souvent. Quand même, quand Noah a remporté Roland Garros j’étais là. Ouf. | Luchini est monstrueux. Je ne sais pas si ça peut faire un réel ami, mais ce type est monumental. | C’était chez Ruquier, ce samedi. Je rentrais d’un dîner en ville chiant de chez chiant et où j’avais un peu joué les emmerdeurs de service histoire de m’ennuyer un peu moins, et devinez : je me suis salement allumer. J’ai l’habitude. | Comme il n’était pas question de fumer je suis allé faire le trottoir. Mes pas m’ont conduit sous les fenêtres de Michèle Delaunay. Il y avait de la lumière. Un instant j’ai pensé que l’on pourrait boire un verre avec elle et Klaus. Il était tard. Trop tard. Je n’ai pas osé, je suis quelqu’un de bien élevé (je me dis ça souvent pour justifier une dérobade). | Il y avait aussi Laurent Fabius chez Ruquier. Luchini et Fabius ont fait assaut de citations. Ce que je ne fais plus, c’est très mal vu en ville chez les petits bourgeois : ils pensent que vous vous la pétez grave. | Tenez, il y avait une jolie Philippine. Sa langue c’est l’anglais. Les Français refusent obstinément de parler anglais. Quand quelqu’un comme moi s’y risque (pour ne pas laisser une jolie Philippine sur le carreau) eh bien, ils se marrent les Français. | Luchini parle désormais le Valéry. Moi, des fois, je cause le Proust. | Des fois je parle rien du tout.
Dont acte.

25 janvier 2008

Abbé Pierre, un an déjà...


C'était le 22 janvier 2008, à Bordeaux, place Pey Berland.
L'abbé Pierre a quitté le monde des corps un an plus tôt. Mais la force de son esprit est toujours là. Emmaüs et son président, Pascal Lafargue, ont voulu cette commémoration devant un chalet construit en une journée par les Compagnons devant la cathédrale de Bordeaux..
Quelques élus sont là, le temps est gris, la lumière désastreuse...
J'ai voulu ce noir & blanc d'un autre âge, peut-être celui d'un hiver 54...
Réalisation vidéo : Dominique-Emmanuel Blanchard

19 janvier 2008

J'ai un problème

Faut que je vous en touche deux mots. Vos avis me seront précieux.

Je vous explique : j’habite Latresne qui est, je crois, une commune de 3300 âmes assez connue de la région (bordelaise). Pour les municipales, à ce jour, deux listes se sont déclarées. Deux listes de droite, bien évidemment. Il doit y avoir plus de quarante ans que Latresne est à droite. On me sollicite, compte tenu de mon immense notoriété (je plaisante, vous vous en doutez) pour être sur une liste dite de gauche.

Or il se trouve que celui qui veut conduire cette liste de gôche a durant onze ans été au conseil municipal (de droite, même si, même si, allons disons-le, c’était plutôt une droite très très modérée, mais de droite quand même). Je l’appellerai CD celui dont je parle.

C’est clair jusque-là, n’est-ce pas ?

Deux listes de droite et pas une liste de gauche en face, moi, ça me fend le cœur. Alors j’ai dit OK pour cette liste de gauche conduite par quelqu’un qui ne l’est pas vraiment, je répète : CD. Mes amis de gauche, appelés en renfort (sous la houlette d’Alain Lachamp sur la liste de qui j’avais été en 95) n’y vont pas par quatre chemin : si la liste de gauche est conduite par CD, pas question de compter sur eux. Idée (suggérée par Alain Lachamp – de gauche lui, et vraiment de gauche) : constituer une liste sans tête de liste, par ordre alphabétique. Pas bête. On se réunit : adopté.

Problème qu’il me faut ici mentionner : CD, tout seul semble avoir du mal à réunir 22 personnes (il faut en effet être 23). C’est la raison pour laquelle j’avais appelé l’ami Lachamp en renfort. Mais voilà, au final, même sans tête de liste, une partie de la liste déclare forfait : si CD est sur la liste, ils n’y vont pas…

Moi, je vous l’ai dit : deux listes de droite (entendons-nous, ces gens de droite ne sont pas des fanatiques ; au contraire, ils sont même charmants. Mais de droite, voilà) et pas de liste de gauche en face, j’ai du mal, du mal à m’y faire…

A votre avis, qu’est-ce que je dois faire ?

 

16 janvier 2008

Vincent SDF

 
Vincent vit, à Bordeaux, sur un bout de trottoir depuis plus de 10 ans.
Réalisation : Dominique-Emmanuel Blanchard

15 janvier 2008

Chinoise | Jeanson | Wiazemsky

 
Parmi les livres qui s’accumulent et que je me suis mis en demeure de lire sérieusement, m’est arrivé Jeune fille d’Anne Wiazemsky (Gallimard). Même si ma rencontre avec la petite fille de François Mauriac a été un fiasco, et parce qu’il y a les Mauriac (François et Claude) et aussi Godard et enfin Jeanson, je vais lire ce livre consacré à Bresson. Fouillant dans mes archives j’ai bricolé rapido presto ce petit montage vidéo…
Francis jeanson, pour la première et dernière fois de sa vie acteur de cinéma raconte quelques instants de ce tournage…


Lettres ou ne pas l'être

Après tant de jour où le territoire de ma propre écriture était quelque peu en jachère me voici saisi d’une fièvre littéraire que je croyais perdue.
C’est à François-Régis Bastide que je la dois de nouveau, comme dans ces années 95 où il vivait encore et où je lisais par un bel été, dans mon jardin, un américano couleur framboise dans une main, son Homme au désir d’amour lointain dans l’autre. C’est qu’il a souvent été au rendez-vous FRB. A la faveur de ce livre Son excellence, monsieur mon ami, de Jérôme Garcin (Gallimard), tout me revient en vrac, comme il se doit.
Les Adieux, tenez, que j’avais commandé chez un libraire de Bordeaux, près du jardin public, du temps où il y avait des libraires partout, Les Adieux dont je ne me souviens de rien sinon que comme d’autres livres ce roman m’a sans doute évité de devenir fou et permis de devenir ce que je suis devenu.
Qui dira ce que l’on doit aux livres, parce qu’ils ont été là à un moment précis et qu’ils nous ont détournés de ce que nous ne voulions pas voir et qu’ensuite, après les avoir lus nous sommes allé regarder en face ? Vous dirais-je l’importance de Mort, où est ta victoire ? d’un Daniel-Rops dont je n’ai pas lu le nom quelque part depuis des siècles. J’en garde le souvenir d’une jeune fille très rousse et rebelle qui se tenait près de moi au jardin public en un temps où je voulais être partout sauf dans la vie qui était la mienne.
Dans son livre, Garcin évoquant ses morts les mêle aux miens, ainsi de Thierry Metz qui après avoir publié Journal d’un manœuvre chez Gallimard (et que Dominique Boudou, en son temps, avait si parfaitement repéré) a trouvé chez un autre éditeur, bordelais cette fois-ci, Didier Schillinger des éditions Opales l’amitié et la possibilité de faire paraître son ultime opus : Lettres à la bien-aimée.
Jérôme Garcin se souvient du suicide de Thierry Metz, et je me souviens moi de ce fax de Didier Schillinger : Thierry est mort. J’ai dû le garder ce fax, comme j’ai gardé sur mon téléphone portable ce SMS envoyé par Jean-Luc Veyssy le 9 octobre 2004, à 17 heures : Derrida est mort.
Jérôme Garcin a ses chers Bordelais, parmi lesquels, en filigrane, Jean Malzac, qu’il ne nomme pas mais qu’il fait surgir en mentionnant Les Barricades mystérieuses d’Olivier Larronde. Car, pour moi, Les Barricades mystérieuses c’est avant tout, encore publié chez Opales, en 1995, Jean Malzac, qui me reçoit dans son appartement des quais de Bordeaux. Jean qui sait sa mort prochaine, annoncée, estampilléé en 4 lettres, Jean Malzac dont j’avais publié plusieurs textes dans la revue Le Bord de l’eau.
Et que dire de Jean Forton, si cher à un autre Bordelais, Pierre Veilletet, écrivain et dont la légende veut (légende que je prétends vouloir entretenir) qu’il ait la collection entière (13 numéros) de la revue de Jean Forton : La Boîte à clous.
Je crois bien avoir demandé à Pierre Veilletet si c’était vrai, et je crois bien que je n’ai pas envie de me souvenir de sa réponse puisque je l’ai oubliée.

 
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